Au pays de ... TITE MARGUERITE

Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir. Matisse

13 juin 2007

Mon métier, ma passion

livreanimeUn petit article pour mettre en lumière ce métier si merveilleux que j'ai la chance d'exercer :
professeur-documentaliste (moi je travaille en collège)

livres

Parce qu'au hasard de mes promenades virtuelles je me suis aperçue que certains ne connaissaient pas réellement notre fonction, ou du moins restaient scotchés sur la vision de la "vieille" documentaliste avec son chignon, ses lunettes sur le bout du nez, ses jupes longues (et grises de préférence) et son aversion des élèves! Et bien rassurez-vous, tout cela a changé et maintenant ce sont des professeurs à part entière qui accueillent vos enfants au CDI (centre de documentation et d'information, au cas où) des professeurs formés qui font cela par choix, par amour des livres. Parce qu'enseigner autrement est leur credo.
Oui oui, ce métier a totalement changé et notre rôle désormais est d'éveiller la curiosité des enfants, leur donner le plaisir de lire, les aider dans la construction de leur esprit critique... Bref, c'est un métier génial, où pas un jour ne se ressemble, où l'on baigne dans les livres tout en aidant les élèves à pousser, et à "bien" pousser si l'on y arrive...

biblio

Pour illustrer ce métier qui pour moi est une passion, voici un de mes livres préférés: La bibliothécaire, de Gudule (auteur de littérature jeunesse à découvrir absolument!)
C'est l'histoire de Guillaume, un élève de 5è qui n'est pas un gros lecteur. "Tout ce qui est inscrit sur du papier lui donne des boutons". Ce jeune garçon devra progresser en français pour retrouver celle qu'il aime et métamorphoser la vieille Idda pleine de tics et de fautes d'orthographe, en jolie Idda qui "sent le parfum du bonheur". Pour cela il voyage à travers plusieurs histoires...
Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir la suite!

la_20bibliothecaire

Il me paraît indispensable d'encourager les élèves qui lisent à continuer leurs voyages dans les livres, tout comme Guillaume, car c'est par là qu'ils comprendront le monde et parviendront à se construire. Mais il est tout aussi indispensable de se battre pour que ceux que l'on qualifie de "mauvais lecteurs" puissent un jour avoir la chance de trouver un roman, une BD, un manga qui les réconciliera avec le livre. A chaque enfant sa différence, à chaque sensibilité son livre, à nous de trouver la bonne harmonie!

livre_20comme_20un_20roman

Pour conclure, deux citations de Pennac, extraites de mon livre de chevet Comme un roman. Peut-être pour comprendre ce qu'est un documentaliste à mes yeux, et quel genre de doc j'essaie d'être au quotidien. Peut-être simplement pour vous (re)donner, au terme de cet article, envie de vous plonger dans un bouquin... :)

Le verbe "lire" ne supporte pas l'impératif.
Aversion qu'il partage avec quelques autres:
le verbe "aimer"... le verbe "rêver"...

Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre.

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21 février 2007

Après tout le ciel peut attendre!

styloSauve-moi, de Guillaume Musso

Rien ne prédisposait Juliette, la française, et Sam, le new-yorkais, à se rencontrer. Encore moins à tomber amoureux. Leur rencontre est explosive et magique.
L'espace d'un week-end à New York, ils vivent le coup de foudre et la passion. Mais voilà, chacun a menti à l'autre. Sam en se prétendant marié, Juliette en racontant qu'elle est avocate. Juliette doit repartir pour Paris, et Sam l'accompagne à l'aéroport. C'est l'instant décisif où leur destin peut basculer, mais ni Sam ni Juliette n'osent prononcer les mots qu'il faut pour retenir l'autre.
Une demi-heure plus tard, la nouvelle tombe : l'avion de Juliette a explosé en plein ciel. Sam sombre dans le désespoir. Mais il ignore que leur histoire est loin d'être terminée...

Un livre émouvant et plein de suspens, une histoire d'amour ayant pour paysage le New-York enneigé qui embellit le quotidien et fait s'arrêter le temps... Plongée dans ma lecture sans reprendre mon souffle, j'avais justement envie d'arrêter le temps pour protéger l'amour de Sam et Juliette. Je n'ai pas réussi. Mais je soupçonne néanmoins les aiguilles de l'horloge d'avoir tourné moins vite pendant que je lisais! Un livre dont on aimerait ne jamais sortir...

sauve_moi


- Attention ! ! ! Juliette s'arrêta net. La voiture l'évita de justesse et, pour la première fois de sa vie, la jeune Française sentit le souffle de la mort rôder autour d'elle (... ) Déjà, il avait bondi hors de la voiture, empoignant sa trousse médicale toujours à portée de main sur le siège passager.
- Ça va ? Vous n'avez rien ? Je suis médecin, je peux vous examiner ou vous conduire à l'hôpital.
- C'est bon, je n'ai rien, assura Juliette.
Il lui prit le bras pour l'aider à se relever et, pour la première fois elle leva la tête vers lui.
Une seconde plus tôt, elle n'existait pas et soudain, elle était là, devant lui.

Posté par TiteMarguerite à 22:54 - Lectures - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'ai tout donné au soleil, tout, sauf mon ombre

styloL'étrange histoire de Peter Schlemihl,
de Chamisso

C'est l'histoire d'un brave garçon sans le sou qui se voit proposer une fortune inépuisable en échange de son ombre. Comment refuser une telle aubaine? Cependant, il se rend compte très vite que l'ombre qui suit chacun d'entre nous du berceau au cimetière n'est pas aussi inutile qu'on pourrait le croire. Alors le diable vient lui mettre en main un second marché: son ombre contre son âme.
Version moderne de Faust, ce conte allemand est merveilleux, tant par la richesse de son style que par les rebondissements vécus par le héros, attachant et terriblement humain. Un livre à dévorer dès que vous le pourrez!

peter

Un maudit petit bossu, je crois le voir encore, remarqua d'abord ce qui me manquait et me dénonça par de grands cris à la bande écolière du faubourg, qui commença sans façon à me harceler avec des pierres et de la boue.
"La coutume des honnêtes gens, - criaient-ils, - est de se faire suivre de leur ombre quand ils vont au soleil." 
Je jetai de l'or à pleines mains, pour me débarrasser d'eux, et je sautai dans une voiture de place que de bonnes âmes me procurèrent.
Aussitôt que je me trouvai seul dans la maison roulante, je commençai à pleurer amèrement. Déjà je pressentais que, dans le monde, l'ombre l'emporte autant sur l'or que l'or sur le mérite et la vertu. J'avais jadis sacrifié la richesse à ma conscience; je venais de sacrifier mon ombre à la richesse. Que pouvais-je faire désormais sur la terre?

Posté par TiteMarguerite à 22:14 - Lectures - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 août 2006

Ils font tourner le monde...

stylo Les deux géants, de Régis Lejonc

lejonc1

" Depuis la nuit des temps passent deux géants. On les connaît, ils tournent sur Terre inlassablement. A force de passer, ils ont creusé d'immenses vallées sous leurs pieds. Le grondement de l'orage annonce leur passage. Tout le monde connaît les deux géants. Quand l'un passe ici, l'autre passe là-bas. Tout le monde sait cela.

Les deux géants, eux, ne se connaissent pas. Ils s'ignorent superbement depuis la nuit des temps.
L'un deux est dans la lune, il prend de grands airs les yeux levés au ciel et suit la bonne étoile qui lui est destinée.
L'autre est un brin timide, dans ses petits souliers, il marche pas à pas sur la pointe des pieds. Tout le reste lui passe au-dessus de la tête.
Tout le monde les connaît, le géant tête-en-l'air et l'autre terre-à-terre. Quand l'un est ici, l'autre est là-bas. Tout le monde le sait car c'est toujours comme ça.

Celui qui est poète aime chanter la lune, il connaît le prénom de chaque constellation. Il sourit aux fusées et salue les avions.
L'autre a les pieds sur Terre. Il habite chaque pays, en connaît la géographie. Il est de chaque culture car telle est sa nature.
Quand passent les géants, l'un ici et l'autre là-bas, ils ne se voient jamais, ils ne se croisent pas. Tout le monde sait cela.

Le géant tête-en-l'air file son étoile. Là où il marche, il écrase un peu tout, il patauge dans les mers et souvent il trébuche dans un bruit de tonnerre. Quand il tombe c'est un tremblement de terre.
Le géant terre-à-terre, lui, regarde là où il met les pieds. Mais il cogne la lune, s'écorche aux étoiles et parfois il s'enrhume dans les nuages bas. Et son éternuement est comme un ouragan.
Depuis la nuit des temps passent les géants. Quand l'un est ici et l'autre là-bas, ils causent des dégâts et c'est souvent comme ça.

Mais on sait aussi qu'à chaque minute, à chaque seconde, les deux géants font tourner le monde. Si par malheur ils se croisaient, à coup sûr ils se cogneraient. La Terre s'arrêterait de tourner sous nos pieds. Et là on serait bien embêté... Et ça tout le monde le sait. "

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04 août 2006

Zorbas, voyou au coeur tendre

styloHistoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Sepulveda

A la suite d'une marée noire, une mouette s'effondre sur un balcon de Hambourg. Empoisonnée par le pétrole, elle confie son oeuf au chat qui vit là. Celui-ci couve patiemment l'oeuf que la mouette a protégé avec ses dernières forces. Il fait appel à la communauté des chats de la ville pour accomplir sa mission : apprendre à voler à la petite mouette...

Un conte moderne qui nous rappelle que la tolérance est à la base de la vie en communauté et que l'on s'épanouit bien mieux dans le bonheur que l'on donne que dans celui qu'on reçoit. Un livre plein d'amour à lire, relire et évidemment offrir...

m_sepulveda

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23 juillet 2006

S'il te plaît, madame, c'est où le bout de la route?

crayon_007L'enfant coquelicot, de Claude Vincent.

C'est un livre-cadeau. Dans tous les sens du terme.
Un livre que l'on m'a offert pour mon anniversaire et qui est rempli de mots-trésors. Un livre qui fait vibrer chaque page sous nos doigts, résonner chaque histoire dans le coeur jusqu'à ce qu'il soit tout mouillé. Un livre-émotion qui signe un pacte avec nos souvenirs d'enfance, pour qu'on ne les oublie jamais.
Voici qq extraits pour vous donner envie de le lire très très vite!
cok

Un jour Lucas lui avait donné Toutie. Toutie était une pierre du jardin, mais pas n'importe quelle pierre. Dans le carré de terre juste bêché, Lucas avait choisi un caillou. Il l'avait frotté entre ses paumes, longtemps. Puis il l'avait mis toute tiède entre les mains de Lola. Continuant à retourner la terre, il lui avait raconté l'histoire du caillou. De ce jour, Lola s'était mise à regarder différemment les pierres qui peuplaient la terre. (...) Peu à peu Toutie émergeait. Elle ne ressemblait à aucun des autres cailloux de l'allée car chacun avait son visage à lui, marquées dessus les fines ridules qui sont, sur chaque figure, l'histoire qu'écrit le temps. Lorsque Lola enfermait le caillou rond dans sa main, elle sentait sa chaleur. Puis, dans cette chaleur, un fourmillement montait du centre du caillou. Il était comme le battement de coeur d'un oiseau mais plus lent, beaucoup plus lent.
Lola retenait son souffle pour mieux sentir battre au creux de sa main, le coeur de la pierre.

Quand elle ouvrait les yeux, le ciel bougeait au-dessus d'elle. Grésillements d'insectes, pépiements d'oiseaux sortaient de partout à la fois. Lola était heureuse. Elle comprenait que c'était la terre, l'air, le ciel, ensemble qui chantaient.
(...)

- Madame, s'il te plaît, c'est où le bout de la route?
- Pour aller où? demandai-je. Où veux-tu aller?
Elle me regarda sans répondre.
- A 500 mètres il y a un village.
- Au bout du village, demanda t-elle soupçonneuse, il n'y a plus de route? C'est le bout du monde?
- Si... (c'était stupide, j'enrageais, mais on ne doit pas mentir aux enfants) Si, au bout du village, il y a une route.
- Pour aller où?
- Vers un autre village.
- Et après cet autre village, la route s'arrête alors?
- Non.
Elle a crié :
- Alors c'est pas le bout du monde! Tu as menti! Et Lucas? Où il est Lucas?
Ses yeux lançaient des éclairs, et moi je pensais que le temps passait.
- Pourquoi, dit-elle, tu ne réponds pas? C'est pcq tu ne sais pas? Alors c'est ça: tu marches sur la route et tu ne sais même pas où est le bout de la route?!! Toi, tu marches pour rien.
Doucement je lui demandais si elle marchait, elle, pour quelque chose.
- Moi, dit-elle, je cherche Lucas.
Elle se mit à pleurer. C'était un chagrin d'enfant face auquel l'univers se tait, un chagrin d'enfant que je n'avais jamais rencontré mais auprès duquel toutes les conférences du monde ne sont qu'enfantillages d'adultes.
Il n'y avait plus que cette route déserte. Qui ne menait nulle part. Et au bord de cette route, assise sur un talus, une petite fille qui pleurait.

fleur_coquelicot_campagne_champ_marne_814454
PS: merci Edelweiss74 pour ce livre plein d'amour

Posté par TiteMarguerite à 14:09 - Lectures - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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